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Sommet « Afrique-France » : Kémy SEBA met le pied dans le plat

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Montpellier a abrité le Sommet  »Afrique-France », ce vendredi 08 octobre 2021. Ce sommet à l’initiative de l’Élysée n’a connu la participation d’aucun Chefs d’État, ce qui est une première depuis 1973. À leur place (les Chefs d’État), l’Élysée a fait appel aux entreprises et surtout à des leaders des organisations de la société civile africaine. Lors de l’émission « Les Grandes Gueules » sur Espace FM et TV, le panafricaniste Franco-béninois, Kémy SEBA a qualifié ce sommet de manœuvre dilatoire (de la part de la France) de la prise de conscience sur le continent africain vis-à-vis de la politique étrangère en Afrique.

C’est le Camerounais Achille MBEMBE, anciennement critique envers le gouvernement français qui était au commande avec surtout la présentation d’un document de 154 pages qui a été remis à Emmanuel MACRON, le président français. Le document contient des propositions de solutions sur la nouvelle forme des relations entre la France et l’Afrique.

« Le Sommet  »Afrique-France » avec la société civile et non les Chefs d’État

C’est donc sous une nouvelle formule que le Sommet »Afrique-France » s’est tenu à Montpellier (en France), ce vendredi 08 octobre 2021. Nouvelle formule en ce sens qu’aucun des dirigeants de pays africains n’y a été convié.

« Avec la société civile qu’elle a confectionnée par ses propres moyens parce que ce ne sont pas justement les figures les plus influentes d la société civile qui sont représentées là-bas comme le disait ma très chère sœur et amie Nathalie YAMBÉ. Il y a une réalité qui est là suivante, comme le disait le théoricien américain, « le 21e siècle sera le siècle du transfert du pouvoir qui quittera aux mains des élites qui arrivera progressivement au niveau de la base. La base c’est ce que l’on appelle la société civile. Donc, les différentes chancelleries occidentales, américaines d’abord, ensuite européennes, ont eu la nécessité d’encadrer la société civile, de lui faire les yeux doux. Émmanuel MACRON sait que la contestation contre la présence de l’oligarchie française, néocolonialisme français est venue de nous autres à travers la société civile – des mouvements qui ne condamnent non pas les Français, parce qu’il faut qu’on soit très clair. Il y a une caricature médiatique qui est faite par les médias de mensonges occidentaux qui voudraient dire qu’on essentialise tous les Français. Je suis très proche des « Gilets jaunes », moi qui vous parle comme Aimé Césaire, comme mon frère Nicolas ANELKA, je suis né en France, je ne le renierai jamais, ce n’est pas parce qu’on s’oppose à un système que cela veut dire qu’on est contre toute la population de la même façon. (…) Il faut qu’on soit lucide dans la réflexion. Et donc, Emmanuel MACRON essaie de faire avec les conseillers de maison 2.0, excusez-moi de le dire mais c’est comme ça que nous surnommons le conseil pour l’Afrique, il essaie de faire une  »Françafrique » au niveau de la base parce qu’il sait aujourd’hui que c’est la société civile qui donne l’heure. Mais malheureusement pour lui, on est à l’heure des réseaux sociaux et personne n’est dupe pour voir la manière dont l’opinion publique Africain parle de ce sommet. Tout le monde sait que ce sont, même si ce sont des gens biens hein, vous avez cité tout à l’heure Aliou BAH qui essaie de faire un travail honnorable par rapport au terrain qui est le sien, mais il n’en demeure pas moins qu’il est dans un cadre, à mon sens, qui le dépasse

 

Le pilote du Sommet  »Afrique-France »

« Achille MBEMBE a dit que sa plus grande source d’inspiration c’était François None. La différence entre et François c’est que François lui était dans les macquis algériens et lui est simplement de temps à autre entre deux salons de thé ultra chics occidentaux. Mais on est dans les macquis c’est pour prendre de l’atiéké. Mais certainement pas pour faire la guerre de résistance. Achille MBEMBE, ce qu’il fait-là, est là résultante de tout son fantasme caché qui a toujours été d’être reconnu par l’oligarchie occidentale. Ce n’est pas quelqu’un qu’on a retrouvé un quelconque moment sur le terra. Qu’on ne nous disent pas que c’est parce que c’est un il fait partie des l’IGNP africaines, que soit-disant il va pas sur le terrain de parler de la nécessité des intellectuels organiques, être capable de parler, de mettre son intelligence au service de la base pour orienter justement les débats d’idées, orienter l’État d’esprit des populations. Achille MBEMBE n’a jamais été quelqu’un du terrain. Ça a toujours été quelqu’un de salon. Ce n’est pas étonnant qu’il soit aujourd’hui invité au salon montpelliérain. C’est quelqu’un qui n’a jamais été dans le but – comme nous nous prenons les risques, comme nous on nous envoyés en prison, comme nous qui sommes censurés et interdits d’entrée dans les pays parce que les autorités s’inquiètent de notre influence, c’es pas Achille MBEMBE qu’on entend souvent. Je pourrais citer les gens comme Mamadou KOULIBALY (l’Ivoirien) pour moi qui est un grand – lui, à son niveau a mis quand-même…

« Emmanuel MACRON essaie de faire une démarche prospective tout en étant complètement déconnecté de la réalité du terrain. Comme je le disais, le sentiment hostile à l’oligarchie française n’a jamais aussi été intense plus que ces dernières années. On y a en toute humilité, grandement participé, nous et d’autres entités. Et par rapport à cela, Emmanuel MACRON essaie toujours de rafistoler, en pensant qu’il peut séduire les gens en bénéficiant de la volonté de certains Africains d’être enfin reconnus par la France. On est au courant du dossier que Achille MBEMBE doit remettre. Il a été sorti hier, en réalité. Et c’est aujourd’hui qu’il ça être présenté à MACRON. Il a été déjà présenté dans les médias. Et, ce que l’on peut dire dans l’immédiat, c’est que de toute évidence, à part toujours être dans cette logique de demander une place à la France, dans le curseur historique – dans son paradigme historique avec une place dans le cœur de l’intégration, il n’y a aucune démarche de rupture épistémologique par rapport à ce que la France établit aujourd’hui comme démarche politique. Nous voulons un changement. Il y a une nouvelle génération africaine qui veut changer le braquer, qui estime que quand dans le mariage vous êtes toujours tabassé, il arrive à un moment donné où il faut être capable de demander le divorce. Pas le divorce dans le cadre de la elle, mais le changement de partenariat, un changement de partenariat réel et voir le monde, …, autrement… Ce qui ne veut pas dire que les autres sont les meilleurs prétendants mais, il faut d’abord qu’on puisse être capable de nous regarder nous-mêmes. Moi je suis fatigué des sommets Afrique-France, Afrique ceci. J’aimerais des sommets Afrique-Afrique. Mais le problème c’est que le seul sommet Afrique-Afrique qu’il y a, c’est le sommet des autocrates africains, mais jamais les sommets entre les dirigeants africains et les populations africaines qui aujourd’hui pourtant, à travers la société civile, est la plus influentes que n’importe quel de nos dirigeants.

L’avenir de l’Afrique se décide en Europe

« Je pense qu’on peut le dire en toute humilité que nos dirigeants africains se comportent comme des valets. Et si je veux être mal poli, je vais dire qu’ils sont devenus la serpillière de l’Élysée. Et, c’est le continuum de la démarche de la Françafrique que justement les choses se décident au niveau de la France et non pas en direct du continent africain. Emmanuel MACRON essaie seulement, dans sa démarche néolibérale, de remasteuriser une doctrine de la Feançafrique qui a fait ses preuves par le passé. Ils ont compris qu’il faut qu’ils remettent à jour, une méthodologie qui est critiquée, qui est diabolisée par les masses africaines aujourd’hui. C’est comme le Franc CEFA où il est parti faire du piratage économique, du piratage industriel en volant le terme « ECO » de la monnaie voulue par l s pères fondateurs de la CEDEAO. Et, il enlève les comptes d’opération suite à nos mobilisation mais il garde un élément central qui est l’arrimage à l’Euro, taux de change fixe, arrimé donc à l’Euro plutôt que ce que nous voulions nous les masses, que le Ghana et le Nigéria veulent, en l’occurrence taux de change flexible arrimé à un panier en devise. MACRON est quelqu’un qui, de Constante, essaie de changer le décor mais garde la pièce de théâtre qu’est la Françafrique et je vais vous assurer que le réveil va être brutal. Le travail d’ingénieure sociale que l’on fait depuis un certain nombre d’années de par la base commence à porter ses fruits que ce soit au Mali, que ce soit en Centrafrique. Bientôt au Burkina et dans d’autres pays…

J’ai vu Cellou Dalein DIALLO. C’est un grand-frère comme tous les grands-frères que nous avons vus… Après, tout le monde à ses nuances. Nous notre question c’est la souveraineté. Et vous avez parlé de l’ECO, il y a deux ECO : l’ECO MACRON-OUATTARA, et de l’autre côté ilbm y a l’ECO promue par les pères fondateurs de la CEDEAO… Vous êtes vous les Guinéens beaucoup plus concernés que vous ne le croyez parce que malheureusement ou heureusement, au-delà des pays de l’UEMOA, quand on parle de la CEDEAO, c’est toute l’Afrique de l’Ouest

Problème de prise de conscience au niveau africain

« Nous nous attaquons le néocolonialisme, nous avons toujours dit que le néocolonialisme est (plus) endogène qu’exogène. C’est parce qu’il y a des gens de l’intérieur de nos pays qui sont des agents d’influence qui défendent les intérêts autres que les leurs. Comme on les appelle, les lions herbivores. C’est ce qui se passe avec nos responsables politiques. (…) »

L’avancée de la Russie et de la Chine

« Moi je suis un passionné de la géopolitique depuis de nombreuses années mais pas juste un passionné de manière théorique mais de manière pratique. Tous les pays que vous avez cités, c’est des pays que j’ai visités depuis très longtemps comme bien d’autres que vous n’avez pas cités. Moi je fais partie de ceux qui pensent que couper le cordon avec les gens ne signifie pas fermer les yeux par rapport au partenariat avec les autres… Par contre il faut être capable de renégocier le partenariat et traiter un certain nombre de contrats de manière digne. Hors, la plupart du temps, ce qui s’est passé malheureusement, nos dirigeants, dès lors qu’ils avaient des bacchises, des bacchises suffisamment juteux pour s’acheter les Villas, pour leurs compagnes et pour leurs enfants – ça faisait en sorte qu’ils étaient dans une sorte de biaiser l Peuple tant qu’ils se remplissaient les poches. Nous nous pensons que la Turquie, là où je connais bien, la Russie que je connais bien, la Chine que je connais beaucoup mon bien, ça ne fait rien… Les Chinois, je le dis, sont dans une forme de colonialisme latent. La seule différence est qu’ils ont la pudeur de ne pas dire comment, politiquement nos dirigeants et nos régimes doivent se comporter. Ce qui fait que nos dirigeants sont en train de préférer les Chinois par rapport aux Français. Mais le bas peuple, il voit les populations qui viennent leur donner les ordres qui n’ont pas leur temps. Et je peux vous rassurer qu’un réveil risque d’être brutal vis-à-vis de ces Chinois. Et je le dis aussi pour les Russes. Je connais bien les Turques, que tant que ce sont des partenariats où chacun respecte la souveraineté de l’autre, il n’y a pas de problème.

La présence française au Mali

« Les autorités françaises, ce n’est un secret pour personne, c’est même dit dans leur propres médias, ont été amenées à négocier avec les prétendues forces djihadistes. Ils sont djihadistes quand ça les arrange, quand on besoin d’extirper les otages, eh bien là, on a un autre langage. Dans le même temps, elles sont capables d’interdire, elles étaient plus maintenant, d’interdire aux autorités maliennes de dialoguer avec (les prétendues forces djihadistes) parce que c’est toujours la même méthode quand vous voulez braquer une bijouterie, il faut créer les disputes à l’intérieur pour que les propriétaires de la bijouterie soient distraits pour que vous puissiez aller voler les produits… C’est comme ça que les voleurs politiques fonctionnent. Le gouvernement français est sans doute le Réal Madrid du pillage et du vol en Afrique aujourd’hui ».

La France face aux troisièmes mandats en Afrique

« La France quand ça l’arrange, elle défend le respect de la constitution, et quand ça ne l’arrange pas, elle ferme les yeux sur les multiples violations de la constitution. Alhassane Dramatique OUATTARA, c’est quelqu’un qui a violé la constitution, mais comme Alhassane OUATTARA est le plus grand Chevalier des intérêts français en Afrique, on ferme les yeux. Un certain nombre de responsables politiques qui violent les aspirations du peuple, Alpha CONDÉ, on ferme les ou du moins à un petit peu boudé soi-disant pour ne pas se mettre trop la société civile à [au] dos. Donc au final on a laissé passer. Moi je dis juste une chose : il arrive un moment donné où la France ne peut plus avoir son lit à dire sur les intérêts. De

« Comme l’a dit de manière très brillante Dr Ousmane KABA lors de notre réunion, à un moment donné, on ne peut pas en vouloir à la France de vouloir préserver ses intérêts. Elle vit du pillage. Son simple fait est que l’oligarchie française se rende au niveau de (la ) Roumanie, on peut le comprendre, chacun défend ses intérêts. Nous notre intérêt est de faire en sorte qu’on arrive à préserver notre souveraineté. Et, donc, le regard des autres ne peut plus compter. Ce qui compte, ça doit être la souveraineté du peuple qui doit être respectée, et dans cette démarche-là nous essayons d’avancer »

L’ambiguïté sur le président guinéen, Mamady DOUMBOUYA

« Ce que j’ai trouvé de déplorable avec certaines presses guinéennes, c’est que sur une conférence d’une heure et quelque, on a coupé un raisonnement parce que moi ce que je fais c’est que je suis en contact avec l’opinion publique africaine de manière générale. Ma responsabilité est de faire le relais des inquiétudes d’un certain nombre – Je vais vous faire une confidence : quand je suis venu Guinée, quelques semaines j’étais au Mali, j’ai été reçu par les autorités. Quand je viens en Guinée, il y a eu une levée de boucliers de gens qui ont dit, beaucoup inspirés par certaines chaînes panafricanistes qui disent que le Colonel (Mamady) DOUMBOUYA, est un agent de la France. Moi je faisais partie de ceux qui disaient que, il faut arrêter de juger les gens sur leurs formations. Il faudra les juger sur leurs actes. Il y a eu des images qui ont été véhiculées et que certaines chaînes ont participé à véhiculer de manière virale sur les réseaux sociaux. On présente Colonel DOUMBOUYA avec sa femme française en disant que c’est une gendarme française, etc. Et moi ma posture a été de dire que ce n’est pas parce que vous êtes avec quelqu’un – même si, moi je ne vais jamais mentir, je fais partie de ceux qui prônent l’endogamie noire… Et donc, il faut parfois aller au-delà de ce qui a été des étiquettes qui ont été collées. La plupart des gens de l’opinion publique panafricaine aujourd’hui, sont hostiles au Colonel DOUMBOUYA… Et moi, mon rôle, parce que j’ai senti, après avoir discuté aussi avec les autorités du Mali, que le Colonel DOUMBOUYA n’est pas ce que l’on décrivait de lui dans un certains nombre de médias panafricains qui sont très influents aujourd’hui. Comme ma voix porte autant, … il faut attendre de voir les actes du Colonel DOUMBOUYA. (…) Au-delà de ça, vous savez que dès que le Colonel DOUMBOUYA a pris le pouvoir, les images ont circulé de manière – c’est ma première fois de voir la vie privée d’un chef d’État circuler aussi vite. … Mon instinct politique me dit que même les autorités françaises ont tout intérêt à présenter DOUMBOUYA, c’est ce qu’on appelle en Sciences politiques le blague jacket : présenter quelqu’un qui peut être une force de libération pour son peuple comme un agent des forces exogènes, de sorte à couper la capacité d’attraction que ce personnage-là peut avoir vis-à-vis de son peuple. Moi je pense qu’il faut aujourd’hui le Colonel DOUMBOUYA et sa femme française qui est gendarme ».

Cellou Dalein DIALLO, favorable à l’ECO, une position contraire à l’État guinéen

« On l’a rencontré le deuxième jour, j’ai été touché par sa fraternité. J’ai été touché par sa connaissance beaucoup plus profonde… de la question de la géopolitique africaine et des problématiques de la souveraineté. J’ai été touché de voir qu’il suivait notre travail depuis un certain nombre de temps. Et moi je suis chez convaincu que Colonel DOUMBOUYA fera, j’espère, de grandes choses pour ce pays, et, je le dis, tant qu’il reste conforme à ce qu’il s’est engagé à faire… »

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