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Guinée : Ce que disent les syndicats du transport sur la suppression des barrages routiers

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S’achemine-t-on vers la fin des tracasseries policières en Guinée ? Les syndicats des transporteurs routiers, chauffeurs et voyageurs en sont convaincus. C’est le cas à la gare routière de Bambéto, Commune de Ratoma, où nous avons laissé traîner notre micro. Certains pratiquants des routes guinéennes ont néanmoins des réserves quant à l’aspect sécuritaire.

L’annonce de la levée des barrages routiers est bien accueillie à la gare routière de Bambéto.

« On est très contents pour ça parce que nos chauffeurs souffrent sur la route. La route n’est pas bonne, les tracasseries sont là. Chaque 10 kilomètre, il y a un barrage» , s’est exclamé l’adjoint du chef de lignes de la gare routière de Bambéto, Ibrahima Sory DIALLO, tout souriant avec son boubou blanc et son bonnet penché sur la tête.

Dans la même lancé, Alhassane SOW, chauffeur sur l’axe Conaky-Mamou, se réjouit « Vraiment, si le CNRD a dit ça, c’est très bon pour nous. La route est impraticable et il y a assez de barrages. On est vraiment soulagés». Poursuivant, il nous raconte ses anciennes mésaventures au niveau des barrages. « Entre Conakry et Mamou, on peut compter huit (8) barrages. C’est trop. Chaque barrage, il faut payer 10 000 francs guinéens. Si tu refuses, on augmente à 100 000 francs. Si tu ne paies pas les 100 000 francs, on te retient».

Assises sur un banc, M’Balou KOUROUMA en partance pour Gaoual, est la seule qui s’est prêtée à nos questions. Elle a d’abord remis en cause la floraison des barrages routiers avant d’affirmer avoir payé de l’argent à de nombreuses reprises au niveau des barrages. « Ce que je peux dire dans ça, c’est qu’il y a trop de barrages sur nos routes. D’habitude, je voyageais sur le trajet Conaky-Mandiana, mais maintenant, c’est Conaky-Gaoual. J’ai plusieurs fois payé de de l’argent à cause de la carte d’identité parce qu’une fois, quand je suis venue à Conakry, on m’a volé ma porte-monnaie, ma carte d’identité nationale était à l’intérieur. Mais même quand j’explique ça aux agents, ils ne me comprenaient pas», a-t-elle affirmé d’un air confiant.

Faudrait-il s’inquiéter quant au cas des coupeurs de route ?

Pour l’adjoint du Chef de lignes de la gare de Bambéto, les barrages n’ont rien servi dans la lutte contre les coupeurs de route. « Depuis qu’il y a des barrages sur la route, il n’y a pas un seul barrage qui a pris un coupeur de route. Ce sont les populations qui vont prendre [prennent] les coupeurs de route. Si les barrages sont là, c’est pour fatiguer les chauffeurs seulement», a répondu Ibrahima Sory DIALLO.

Face à cette inquiétude, le troisième Chef de la Ligne Conaky-Sénégal-Banjul (Ousmane BALDÉ plaide : « Nous avons à les prier de nous aider à cause des coupeurs de route. Quand les routes sont vides, c’est bien, mais il faut qu’il y ait une patrouille nuit et jour avec les pick-ups de militaires pour pouvoir nous sauver pour [des] coupeurs de route parce que les coupeurs de route vont en profiter aussi».

Pour le chef de la ligne Conaky-Koundara, il faut un travail concerté avec les forces de défense et de sécurité comme indiqué dans le communiqué du CNRD, pour faire face aux coupeurs de route. « On va ensemble prendre des précautions parce que les coupeurs de route, vraiment, ça nous fatigue beaucoup. Il y a l’insécurité totale sur la route. Si ce n’est pas eux qui nous aident pour ça, ce n’est pas bon parce que ce sont les gens [agents] qu’ils enlèvent sur les barrages qui s’organisent pour nous attendre dans des coins [endroits] restreints de la route. Ils nous connaissent, ils connaissent notre programme. Quelqu’un qui ne te connaît pas ne peut pas te faire du mal», suggère Mamadou Alpha BAH dit maître Fria.

Köyö Sentoh

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