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Dr Kaba KÉÏTA sur la situation des médecins dans les CTE : « …Les médecins-là… sont fatigués… »

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La situation est actuellement critique dans les centres de traitement épidémiologique à Conakry. Le nombre de nouveaux cas grimpe tout comme celui des morts dus au Covid-19. En juillet dernier, 60 ont été comptabilisés par les autorités sanitaires.

 

En déplorant cette triste réalité, le coordinateur des médecins traitant du Covid-19 a été sans concession dans l’émission Mirador chez nos confrères de FIM FM. Lui et son groupe ne seraient pas écoutés par l’ANSS. Pourtant, « Nous n’avons pas de poids mais nous avons une expertise… Nous savons prendre en charge les malades de Covid, nous savons le protocole national (de prise en charge des patients de Covid-19), nous connaissons comment évoluent les nouveaux variantes. On doit nous écouter même si nous sommes petits », a-t-il laissé entendre.

Problèmes de primes

Dans son intervention, Kaba KÉÏTA a rappelé le problème des primes. Selon lui, certains de ses collègues ne les ont toujours perçues. « Nous avons combattu depuis un an pour avoir les primes exceptionnels des médecins qui ont travaillé dans Covid – le premier ministre nous a aidé, ils ont payé les primes exceptionnelles des gens. Mais je vous dis, il y a 120 personnes qui n’ont pas eu leurs primes exceptionnelles, ça fait aujourd’hui 10 mois. Nous avons écrit à la primature, nous avons écrit partout pour donner les primes exceptionnelles de ces gens-là…, l’ANSS refuse de donner et ils sont en train de se battre toujours. Comment est-ce que quelqu’un peut rester dans la prise en charge … ? » Fait-il remarquer puis il ajoute : « Le conseil scientifique ne sait pas si nous existons, l’ANSS ne sait pas si nous existons ; parce que nous avons réclamé nos primes exceptionnelles, on pense qu’on est ennemi »,

Les médecins surchargés ?

Pour le coordinateur du collectif des médecins et du personnel soignant dans les CTE, les médecins sont à bout de souffle. Il propose à cet effet, le renforcement des effectifs avec notamment la formation et la sollicitation de certains médecins qui ont été écartés. « Comment est-ce qu’un médecin qui est là, il n’est habitué qu’à 40 lits, il se retrouve avec 60 à 80 (lits) ? Les médecins sont à la maison, ceux qui savent prendre en charge ces malades-là. (…) Les médecins-là (ceux qui travaillent actuellement) sont fatigués. Prendre en charge un patient de Covid, tu ne peux pas fermer l’œil. Avant de quitter au chevet de l’autre [l’un], l’autre cas rend l’âme. Un médecin qui a fait deux ans dans la prise en charge d’une épidémie au centre de Gbessia à la réanimation, il a droit à un congé de deux semaines. S’il ne fait pas de congé, il va faire des bavures. Maintenant, il faut former ceux qui sont dans les centres qui ne peuvent pas réanimer », dit-il tout en reconnaissant le travail abattu par ses pairs qui se trouvent dans les CTE et ceux qui font les traitements à domicile. « Il faut reconnaître l’effort de ces médecins, il faut nous battre à renforcer l’effectif. Nous avons les cardiologues, des réanimateurs, des généralistes à Donka, etc., qui sont laissés pour compte ; alors que si un diabétique est à la réanimation au CTE de Gbessia vous pensez que c’est l’oxygène seulement qui va l’aider ? Au-delà de cela, avant que les variantes n’évoluent, il y a la prise en charge communautaire. Il y en a qui sont prise en charge dans des quartiers. On pense qu’il faut donner l’argent au personnel soignant de donner la dose de ces malades-là dans le quartier… mais comment ces malades-là évoluent ? Quels sont les critères pour dire que tel doit rester à la maison ? (…) Celui qui est dans le quartier-là, il a besoin d’un conseiller communautaire… Le malade de covid doit être pris en charge à 60% par la psychothérapie. »

La vaccination comme dernier recours

Avec un nombre total d’environ 300 000 personnes vaccinées (depuis mars), on est encore loin de l’objet : 20% au début de la campagne de vaccination. Un fait qui, selon ce médecin, est relatif à la flambée des cas de Covid-19 dans la capitale. « La vaccination a beaucoup d’avantages. (…), une fois atteint de covid, tu ne peux pas développer la forme grave. Pour un rappel, les 60 personnes qui sont décédées le mois dernier ne se sont pas fait vacciner. Il faut interpeller la population : si vous ne respectez pas les mesures barrières, il est recommandé de vous faire vacciner », propose-t-il avant de renchérir avec le cas des jeunes. « Actuellement, c’est des jeunes qui sont en train de mourir avec le Covid. Les 60 personnes qui sont mortes au cours du mois-là, il y a au moins 10 à 15% de jeunes ».

 

Pour rappel, certains patients du CTE de Gbessia avait fait entendre leur désarrois sur leurs conditions de prise en charge. Ils ont déploré notamment le manque de lits d’hospitalisation.

 

Köyö Sentoh

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