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Affaire Toumba : Aboubacar Sidiki DIAKITÉ reste en prison, son avocat en colère

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La demande de remise en liberté provisoire d’Aboubacar Sidiki DIAKITÉ « Toumba » a été rejetée. C’est une décision de la Cour suprême de Conakry prise mardi 15 juin 2021. Son avocat n’est pas d’accord parce que le droit n’aurait pas primé en l’état.

La Cour d’appel de Conakry a validé la rétention (en prison) de Toumba DIAKITÉ. C’est un rejet de la demande de remise en liberté provisoire de son avocat, Paul Yomba KOUROUMA. « C’est avec beaucoup d’amertume, … beaucoup de tristesse et d’étonnement que nous avons accueilli cet arrêt de la Cour suprême… qui reçoit le pourvoir (en cassation) parce qu’à la forme, ne souffre d’aucune ambiguïté, d’aucune violation, mais le rejette purement et simplement sans autres détails ».

« Cet arrêt est en contradiction avérée avec les débats qui se sont déroulés devant la Cour. … le procureur général près la Cour suprême, après avoir constaté lui-même, que les moyens soulevés par la défense étaient imparables, que le titre de détention n’avait, à aucun moment, été renouvelé et la conséquence de cela devrait être la mise en liberté … du détenu et cela conformément aux dispositions du code de procédure pénale », a-t-il ajouté devant plusieurs médias, à la sortie d’audience.

Toumba est malade

Selon Me Paul, son client est souffrant. Il s’attendait donc à sa libération mais, helas. Il indique ensuite qu’il n’est pas pris en charge par le service pénitentiaire. « Toumba est aujourd’hui malade. Il pensait sortir pour faire face à sa pathologie qui n’a jamais, … été pris en charge. Il ne bénéficie d’aucun soin infirmier. Il opère par automédication », affirme-il.

« … aucune juridiction nationale ne peut avoir le courage d’assurer sainement le droit. Sincèrement, nous sommes ahuris »

L’avocat de l’ex aide de camp du Président Moussa Dadis CAMARA pense que la justice guinéenne refuse de dire le droit en occultant les manquements lors de ce précédents procès dans ce dossier et que son client serait utilisé pour laver l’honneur des autres personnes impliquées dans les massacres du 28 septembre. « (…) Nous avions pensé qu’elle (la Cour suprême) devrait [allait] corriger ces tares et insuffisances qui émaillent les jugements antérieurs rendus par les juridictions de base, que la Cour suprême aurait dit le droit, … et que les droits de Toumba seraient restaurés. Mais nous constatons qu’aucune juridiction ne peut avoir le courage d’assumer sainement le sacerdoce : dire le droit. Sincèrement, nous sommes ahuris », indique l’avocat en ajoutant : « « Toumba est aujourd’hui considéré comme le sacrifice, l’agneau qui va expier la forfaiture de ses pairs ». « Mais, nous ne comptons pas nous arrêter là. Nous nous adresserons aux juridictions supranationales qui, elles [lesquelles], diront le droit ».» Promet-il ensuite.

« Mandat de détention » non renouvelé

Selon Me Yomba, l’acte qui devrait valider la détention de son client n’a pas été renouvelé. « À force d’oublier Toumba dans les geôles, à force de le marginaliser, de le ségréguer et de le rejeter, on a oublié même le renouvellement de son mandat ». Donc, « les juges savent qu’en libérant Toumba, ce sera une liberté définitive au regard des dispositions de la loi. (…) Or, Toumba étant destiné à être sacrifié, ce serait suicidaire pour eux (les juges) », fait-il remarquer. « C’est vraiment une honte pour notre justice », dit-il après.

Arrêté en décembre 2016, Toumba DIAKITÉ est considéré comme le cerveau des tueries (157 morts lors d’une manifestation pour s’opposer au régime de Dadis) du 28 septembre 2009, la même année, il a été accusé de tirer sur le président Moussa Daddis CAMARA. Les autres personnes impliquées dans ces événements dont certains membres du gouvernement sont en liberté. Moussa Dadis lui-même a mainte fois souhaité revenir (du Burkina) pour faire face à la justice mais les autorités guinéennes s’y sont toujours opposées.

Köyö Sentoh

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